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Vendredi 23 mai 2008

Au cours de l’été 2005, j’ai effectué un séjour de huit semaines en Chine. J’ai commencé par un stage linguistique de trois semaines à Shanghai Jiaotong University, à Shanghai. J’ai ensuite passé cinq semaines à l’université Jiaotong de Chengdu, au sud-ouest de la Chine. Ces deux universités sont partenaires de l’Ecole Centrale Paris dans le cadre du réseau T.I.M.E.

A Chengdu, en plus des cours de chinois, j’ai travaillé dans les ateliers appartenant à l’université, et qui servent à faire découvrir aux étudiants chinois la vie en usine. J’ai été intégré à une équipe constituée de quelques étudiants chinois en vue d’effectuer différentes tâches « ouvrières ».

Je vous livre ici impressions et commentaires sur cette expérience.

Ressenti global

A mon arrivée en Chine, j’ai été surpris par le peu de différences avec la vie en Europe. Je ne me suis pas senti dépaysé à la vue des bâtiments non plus. Ceci est probablement dû au fait que j’ai principalement séjourné dans de grandes villes, et qui plus est dans le milieu universitaire ; par ailleurs, j’avais peut-être une image caricaturale de la Chine comme pays communiste en développement…

Malgré tout, les différences au quotidien sont nombreuses, comme je l’ai découvert progressivement.

La langue

Ce qui saute aux yeux immédiatement, et qui m’a un peu impressionné, est l’omniprésence des caractères chinois – bien normale, me direz-vous.

Les énormes affiches publicitaires à l’arrivée, dans l’aéroport, avec leurs inscriptions en chinois (et de rares traductions en anglais) sont assez saisissantes. On en retrouve évidemment beaucoup à l’extérieur. Mais bien sûr, au fil des jours, on s’y habitue.

A l’oral, la communication est assez difficile. Tous les étudiants parlent anglais, plus ou moins bien ; mais ils sont presque les seuls. Dès lors, il est assez difficile de comprendre, et d’être compris, après seulement un an de cours de chinois. On s’en sort en dessinant, en montrant des mots ou des expressions dans les guides de voyage, ou encore en trouvant des personnes bilingues anglais-chinois : les commerçants le font très naturellement.

Le coût de la vie

Deuxième choc : les prix. Un euro vaut environ dix yuans. Or un repas au restaurant universitaire vaut environ quatre yuans, et le taxi à l’arrivée, après un parcours d’une cinquantaine de kilomètres, a coûté 220 yuans.

A l’arrivée, cela surprend. Mais lorsqu’on apprend que le salaire d’un ingénieur sortant de Southwest Jiaotong University est d’environ 2300 yuans par mois, on se rend compte de ce que peut être le coût de la vie pour un chinois.

Les chinois

Les chinois me sont apparus très accueillants. A titre d’exemple, lorsque je suis arrivé à Shanghai Jiaotong University, un étudiant a passé trois heures avec moi, pour m’aider à trouver où je logerais, et me faire découvrir le campus.

Au travail

Le nombre d’employés est très important, et, parallèlement, il arrive de voir des employés dormir au travail (pour la sieste, notamment), dans les commerces en particulier.

Mon expérience la plus surprenante s’est déroulée dans une pharmacie, à Chengdu, où il y avait une vingtaine d’employées pour environ cinq clients. Je me suis fait aborder trois fois par des « Can I help you ? », sans pour autant parvenir à faire comprendre ce que je voulais.

La question de la sécurité au travail

La sécurité est l’un des éléments les plus frappants dans les ateliers de l’université, pour son faible niveau.

Là où les machines rencontrées en France sont munies de systèmes permettant l’interruption automatique en cas d’opération anormale, les machines des ateliers de Southwest Jiaotong University ne présentent même pas, pour la plupart, de bouton d’arrêt d’urgence.

Plus significatif encore, dans l’atelier de soudure au chalumeau, les deux bouteilles de gaz (combustible et comburant) sont situées dans deux coins de la pièce, et les tuyaux parcourent une distance assez importante, en étant pratiquement tendus, pour se rejoindre au niveau du chalumeau. Le parcours des tuyaux n’étant absolument pas protégé, il suffirait qu’une personne trébuche sur l’un d’eux pour dévier le chalumeau et provoquer d’importantes brûlures. A ce sujet, j’ai aussi remarqué l’absence de douche de sécurité, qui pourrait pourtant être utile en cas d’inflammation de vêtements… Je n’ai assisté à aucun incident, mais on m’a relaté quelques brûlures à l’atelier de soudure.

Les marques

J’ai par ailleurs été très impressionné, dès mon arrivée, par la présence importante de la publicité, et de nombreuses marques étrangères, parmi lesquelles plusieurs françaises, en particulier dans les domaines de la beauté (marques du groupe L’Oréal, notamment) et du luxe. De la part d’un pays au régime communiste, je ne m’attendais pas à cela.

L’explication vient probablement en partie du fait que j’étais à Shanghai, ville internationale. A Chengdu, même si publicités et marques étrangères restaient présentes, elles l’étaient déjà moins, alors qu’il s’agit d’une ville de plusieurs millions d’habitants.

Par ailleurs, l’ouverture économique de la Chine est réelle, et l’image que j’en avais était en fait erronée, parce que datant d’un certain temps.

La politique

Les étudiants chinois que j’ai pu rencontrer étaient mal à l’aise avec les sujets politiques : ils disaient ne pas être sensés en parler avec les étrangers. Ils fuyaient notamment les questions sur Taiwan, sur le parti unique…

 

Globalement, je considère que ce séjour a été très enrichissant sur le plan humain. La rencontre avec la culture chinoise est un élément fondamental de cet enrichissement. A cet égard, le fait d’être installé dans une université, où la rencontre avec des étudiants chinois est facile, a été particulièrement avantageux.

Cela m’a aussi permis d’avoir un ressenti de la situation réelle dans ce pays, au-delà des idéalisations - positives ou négatives.

par Matthieu publié dans : Monde communauté : Ouvrez-vous
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Vendredi 18 avril 2008

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir interdire la publicité sur les chaînes de télévision et de radio publiques. En échange, il propose de créer de nouvelles taxes.

Il propose donc d’empêcher un échange, donc d’empêcher de la création de valeur (toutes les parties y trouvaient un intérêt et y consentaient : chaîne, annonceurs, téléspectateurs), et de détruire une ressource. Pour compenser, il propose de prélever plus par l’impôt : cela rend perceptible la destruction de valeur.

Nous allons donc payer nos ordinateurs, nos téléphones portables plus chers.

Mais l’invention la plus amusante est la taxe sur la publicité des autres chaînes : ainsi, ceux qui paieront le plus pour financer les chaînes de service public seront ceux qui regardent les autres chaînes. Mieux : moins le service public attirera de téléspectateurs, plus ses rentrées financières seront élevées !

Enfin, un autre aspect important, et plus gênant, est le fait que cette réforme va augmenter la dépendance des chaînes publiques vis-à-vis de l’Etat, puisqu’il représentera sa seule source de financement. La fin de la télévision gouvernementale n’est pas pour demain !

par Matthieu publié dans : Médias communauté : Ouvrez-vous
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Vendredi 21 mars 2008

D'après une dépêche AFP du 19 juin 2007, François Fillon se serait engagé à tenter de "faire aussi bien que les États-Unis" face au textile chinois, c'est à dire à repousser la date de la fin des quotas à 2009 plutôt que 2008.

Il n’y est pas parvenu, mais il demeure intéressant d’analyser cette prise de position. Qu’est-ce que ce report aurait signifié ? Que, d'une part, les Français auraient dû payer leurs vêtements plus cher un an de plus. Et, d'autre part, que notre secteur textile aurait perdu un an de plus pour s'adapter : en effet, en l'absence de concurrence, l'innovation aurait été moins favorisée.

Soulignons cependant qu'avec la Chine, nous avons affaire à un cas particulier. Le raisonnement libéral consiste à dire que si un travailleur chinois est prêt à travailler à un prix inférieur au travailleur français pour le même résultat, il est bien normal que le consommateur ait tendance à plutôt s'adresser à lui. Mais ce travailleur chinois a-t-il vraiment le choix ? Puisqu'il vit sous un régime peu ouvert aux libertés individuelles, on peut en douter. Cela ne change rien au raisonnement concernant la France, et ne justifie donc pas le discours de M. Fillon. Mais cela rappelle le risque de servitude qu'implique l’intervention de l’Etat dans l’économie.

 

par Matthieu publié dans : Commerce communauté : Economie et société
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Mercredi 20 février 2008

A l’occasion de l’élection du Bureau d’Alternative Libérale, j’ai décidé de m’engager plus fortement au sein de ce parti.

Voici mon message aux adhérents :

 

Chers adhérents d'Alternative Libérale,

 

J'ai rejoint notre parti en janvier 2007 parce qu'il proposait une voie encore inédite à mes yeux en politique française : celle d'un libéralisme cohérent, "grand angle", se situant indépendamment de la "droite" et de la "gauche".

Au cours de ces mois, j'ai apprécié de travailler avec vous, notamment sur les argumentaires, sur notre position européenne, ou encore sur la rédaction des communiqués. Lors de nos premières élections internes, je me suis engagé sur la liste « Pour une Europe politique et libérale », et vous m’avez élu Conseiller National.

J'ai aussi essayé, à travers le blog Ouvrez-vous.com, de faire découvrir le libéralisme et son approche des questions politiques et de société, de montrer la cohérence et l'originalité de cette pensée.

Enfin, participer aux tractages aux législatives et aux municipales a constitué pour moi le principal intérêt d'un parti libéral indépendant : la possibilité d'aller à la rencontre de la population avec nos idées, sans intermédiaire, et sans travestissement.

 

Aujourd'hui, notre parti traverse une crise – de management du Bureau, mais aussi d’identité – qu’il nous faut dépasser rapidement. Certains proposent de revenir sur notre stratégie de non positionnement droite-gauche et d'ouverture. Aurélien Véron propose ainsi explicitement d’inscrire notre parti au centre droit. Je pense que réduire a priori le nombre de nos alliés potentiels, en en excluant certains, alors que notre pensée s'ouvre à tous, ce serait réduire notre pouvoir de négociation. Pire, une alliance systématique nous amènerait à renoncer toujours aux mêmes idées, ce qui finirait par détruire notre identité.

Au-delà de cette question, non négligeable, du positionnement, notre parti doit poursuivre son développement par des actions concrètes. Ainsi, il convient de travailler au développement des comités locaux, échelon le plus pertinent pour assurer la présence et la notoriété d’Alternative Libérale sur tout le territoire, et mieux répondre aux attentes de nos militants en favorisant les contacts et les actions de terrain.

Par ailleurs, je suis depuis le début convaincu de l’importance des élections européennes pour notre parti. Nous devons donc commencer à les préparer dès aujourd’hui, en travaillant sur notre projet, en lien avec nos partenaires européens. Nous pourrons ensuite chercher à construire une éventuelle alliance pour nous présenter aux Français.

 

Partant de ce constat, et dans le but de préserver l'indépendance d'Alternative Libérale, de lui garantir une voix qui porte pour longtemps, et de mener à bien les prochaines étapes de son développement, j'ai décidé de m'engager aux côtés de Sabine Herold dans ces élections anticipées du Bureau.

En externe, elle incarne déjà notre parti aux yeux de nombreux français, grâce à son excellent travail de porte-parole. En interne, j’ai pu aussi constater son dynamisme et son efficacité en tant que Première Conseillère, pour organiser les débats et la réflexion au sein du Conseil National. Cette combinaison de qualités fera d’elle une excellente Présidente pour Alternative Libérale.

Abordons l’avenir avec ambition pour notre parti : une identité réaffirmée, des priorités précises, une personnalité forte. Faisons confiance au projet proposé par Sabine Herold.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Les libéraux français
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Dimanche 13 janvier 2008

Seconde partie de la synthèse entamée avec l’article « Les propriétaires de capitaux et les travailleurs sont-ils ennemis ? ».

 

Rémunérer à une "juste valeur"
Qu’il s’agisse de travail ou de capital, l’idée d’une « juste valeur » est assez répandue : certaines rémunérations seraient excessives, d’autres injustement basses. Il n’y a pas de valeur objective, mais une valeur perçue par chacun. Ainsi, la rémunération du travail correspond à un prix que l’employeur est prêt à payer, et pour lequel le salarié accepte de travailler : l’employeur préfère payer ce prix plutôt que de ne pas embaucher ce salarié ; le salarié préfère être payé à ce prix plutôt que de travailler ailleurs ou ne pas travailler.

On peut avancer que les relations entre l’employeur et l’employé sont asymétriques. Cela modifie les conditions de la négociation, mais de ne modifie pas les fondements de l’échange : il y a bien consentement. Par ailleurs, cette asymétrie n’est pas systématique. Si elle peut apparaître comme très crédible quand on pense aux grosses entreprises, face au vulnérable salarié, elle s'effrite déjà si l'on regarde vers les petites entreprises. Or, le salarié peut mettre en concurrence ces deux types d'entreprises, ce qui doit mener à harmoniser les deux. Elément important aussi : il faut que le salarié ait conscience de son pouvoir dans la négociation : l'employeur a intérêt à l'embaucher. S'il part perdant, il risque effectivement d'avoir moins que ce qu'il pourrait avoir.

La façon libérale d'aborder les choses consiste à dire que, dans tous les cas, ce sont deux individus qui décident de coopérer. Certes, le salarié a besoin de son salaire pour survivre. Outre le fait que les employeurs ont besoin de salariés pour survivre aussi (sinon, pas de chiffres d'affaires, et donc pas de revenu), il a théoriquement face à lui plusieurs employeurs potentiels. Le chômage est à l'origine d'une asymétrie dans la concurrence : l'employeur a le choix entre plusieurs candidats, et le salarié, lui, risque de ne pas trouver d'employeur. Cependant, ce chômage pourrait être réduit par des mesures structurelles (j'écrirai un article sur ce sujet).

Par ailleurs, pour surmonter la différence de poids dans la négociation, les salariés ont intérêt à s'organiser, à se regrouper : c'est le rôle des syndicats. Ensemble, ils ont plus de force pour négocier.

Enfin, n'oublions pas que le candidat-salarié d'un jour peut devenir employeur le lendemain. En effet, une autre alternative pour lui est de travailler à son compte.

 

Le libéralisme, promesse de lendemains qui chantent ?

Les conditions de vie que doivent supporter certaines personnes sont à l’origine de la révolte contre des rémunérations perçues comme « imposées ». Pourtant, si la vie est dure, c’est parce que les ressources sont limitées, et non parce certains volent les autres. Ce n’est pas une raison pour exploiter ceux qui valorisent le mieux les ressources disponibles. D’ailleurs, une telle exploitation peut induire une pauvreté plus généralisée, comme je l’indique dans un autre article.

Je reconnais clairement que le libéralisme ne résoudra pas tous les problèmes par enchantement. Je suis juste convaincu qu’il propose la solution la plus respectueuse de l’individu, et qui, de plus, permet la plus grande création de valeur.

L’alternative d’une gestion centralisée, par l’Etat, du capital et du travail ne résout d’ailleurs en rien les difficultés liées la nécessaire accumulation de capital. D’où viendrait l’argent de l’Etat ? Comment financerait-il, lui, ce capital ? Comment permettrait-il l’innovation, l’apparition de capital nouveau ? N’utiliserait-t-il pas, au final, les mêmes moyens, avec des salariés à son service ? La différence est dans la liberté de ces salariés de choisir une autre organisation, et dans l’impossibilité pour chacun de disposer librement du fruit de son travail.

La S.A. n’est qu’un mode d’organisation. La différence avec la gestion étatique est que ceux qui mettent à disposition leur capital l’ont fait volontairement, étant donné les garanties que leur apportait la structure ; ce sont eux qui prennent les décisions et assument les risques, ils sont responsables. De même, les salariés ont la possibilité de refuser des conditions trop strictes pour aller ailleurs. Lorsque c’est l’Etat qui gère, cet assentiment et cette liberté disparaissent. C’est une porte ouverte vers le despotisme.

par Matthieu publié dans : Libéralisme communauté : Ouvrez-vous
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