Il apparaît nécessaire de rappeler que la solidarité peut ne pas être publique. Et elle est souvent plus efficace quand elle est privée. Elle est aussi plus éthique, et gage d’une plus grande liberté, puisque chacun choisit de donner. Les exemples de l’Abbé Pierre, qui a lancé avec son association la construction de logements, et de Coluche, avec les Restos du Cœur, sont éloquents: il n’ont pas attendu l’État pour agir.
Coluche a d’ailleurs souligné à quel point il savait mieux gérer la solidarité que l’État quand il a déclaré, en recevant un chèque du
gouvernement pour les Restos du Cœur : « Merci de me rendre l’argent de mes impôts ».
Par ailleurs, la liberté limite les abus : lors du scandale de détournement de fonds de l’ARC (association pour le financement de la recherche
contre le cancer) par Jacques Crozemarie, celui-ci, clairement identifié et responsable, et ne pouvant se retourner vers l’État, a pu être condamné, et les donateurs ont cessé de donner à cette
association qui ne le méritait plus.
De plus, les associations permettent bien plus de réactivité que l’État, et une adaptation bien plus grande et rapide aux attentes
nouvelles.
hum dans le cas de Crozemarie ça a pris combien de temps ?
tu y crois réellement à ce qe tu dis là ? et pourrait on penser qu'une action de l'état et les actions d'association peuvent fort bien cohabiter. Qu'en plus c'est toute la différence entre des droits et une charité
Une dizaine d’années a été nécessaire pour mettre au jour l’ensemble des faits, et rendre le verdict. C’est le rythme de la Justice, pour une affaire compliquée... Mais la crédibilité de l’association a été entamée dès les premiers doutes, et c’est tout l’avantage de ce type de financement : à chaque instant, les donateurs sont libres de donner ou non.
Cependant, effectivement, les deux type de solidarités (libre et gouvernementale) peuvent coexister. Mais je voulais juste souligner qu’il ne faut pas oublier que les deux sont possibles, que les associations peuvent réellement agir, et souvent mieux.
Plutôt que de se battre pour des revendications consistant à demander à l’Etat de s’occuper de tout, quoi qu’il en coûte (financièrement, mais aussi en termes de contrôle gouvernemental), j’aimerais qu’on pense plus souvent à agir directement.
J’avais la même opinion que vous sur la recherche : à l’Etat de financer, puisque cela sert à tout le monde. Cependant, les laboratoires, incités par la rémunération issue des brevets, sont aussi capables de faire cette recherche. Et de cette manière, ce sont les investissements les plus rentables qui sont faits, c’est-à-dire ceux qui, pour une moindre somme investie, permettent de mettre au point les traitements qui ont le plus de valeur aux yeux de la population, et notamment des malades. L’Etat est loin de savoir gérer aussi rationnellement.
la Défense.
Par ailleurs, si la recherche de traitements pour certaines maladies n’est pas assurée de cette façon, rien n’empêche à ceux qui trouvent cette recherche utile, pour eux-mêmes ou pour d’autres, par solidarité, de la financer.
Je ne nie pas que le financement privé puisse avoir des défauts. Mais le financement public en a aussi. Entre les deux, le premier me semble plus sain, parce que chacun est responsable, et libre de contribuer ou non.
En tout cas, à mon sens, le rôle de l’Etat est bien plus d’assurer la défense du territoire que de s’occuper de la médecine. C’est un de ses rôles fondamentaux - de ceux qui le fondent. Alors à moins de renoncer à l’Etat (ce qui est possible), difficile de renoncer à
Ce n’est pas à l’Etat de fabriquer les armes ou de construire un porte-avion : des entreprises privées sont tout à fait capables de le faire. Mais, selon moi, l’Etat a le devoir de s’équiper pour faire face aux menaces de nature militaire.